lundi 29 octobre 2012

Adieu pigeons



Jean-David Chamboredon, gentil patron du fonds des entrepreneurs internet Isai et porte-parole des "Pigeons", annonce la fin des activités des pigeons sur les réseaux sociaux pour minuit. Ce fameux et risible mouvement rebelle des entrepreneurs français qui ont fait parler d'eux tout le mois d'octobre. Comme le dit mon collègue, ils vont nous manquer, ils osaient tout et c'est à ça qu'on s'était mis à les reconnaître. Le #geonpi était devenu un piaf encore plus casse-burne que le pigeon des villes, celui qui réclame à vos pieds et qui chie sur vos têtes. Ces pauvres entrepreneurs emplumés qui nous faisaient la leçon d'économie et du chantage à l'exil en nous promettant une France en ruine et un chômage en explosion se retirent et vont s'extasier devant les grandes frères patrons quémander à leur tour au nom du coût du travail et de toutes les exonérations imaginables avec leur indécence devenu presque habituelle. Ces patrons exemplaires, ces maîtres de la compétitivité, de la flexibilité et des détournement fiscaux pour en gagner toujours plus, ces distributeurs de dividendes généreuses pour se récompenser entre eux sur le dos des pauvres cons d'ouvriers, en font fantasmer plus d'un, surtout pour la grosse bagnole et la piscine dans le jardin. Ils demandent, ils réclament depuis des années pour éviter du chômage, des délocalisations, des fermetures d'usines qu'ils n'évitent surtout pas mais il va falloir un jour qu'ils rendent des comptes avec tout le pognon qu'ils ont englouti pendant des années.

Je repense à ces pigeons, ces pitres qui menaçaient de s'exiler aux states là où la vie d'entrepreneur est un paradis parait-il. Il suffit de regarder l'exemple de Loïc Lemeur, le plus américain des exilés français, le pote à Sarko accessoirement surfeur deuxpointzéro qui ne communique même plus en français sur les réseaux  sociaux, dont le sien. Enfin son ancien réseau puisque sa grande réussite d'entrepreneur, Seesmic, un des symboles 2.0 du made in France virtuel et souvent cité en exemple, a été lamentablement racheté par un concurrent américain. L'influent entrepreneur californien d'adoption n'a pas réussi a remonté les difficultés de sa boite malgré les 4 millions de dollars levés facilement. Il l'a donc vendu pour un pactole non-divulgué et laissé sur le carreau 18 des 33 employés.

"Les choses n'ont pas fonctionné comme nous l'avions espéré" avait reconnu Loïc Lemeur. Il auraient fait un beau #geonpi je trouve.

Les pigeons cessent d'exister ce soir mais qu'ils n'oublient pas d'aller se faire foutre avant de fermer leur Facebook.

3 commentaires :

  1. Un collectif à la con, qui sera vite oublié... mais qui aura su alimenter ce climat moisi des assistes de l.entreprenariat français, qui réclament ce qu'ils pensent à tord être leur dû...

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    1. En attendant, ils ont laissé leur fiente libérale un peu partout.

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  2. Très bonne analyse et comme le disait Lino Ventura dans une scène cultissime des Tontons Flingueurs:
    un cons ça ose tout. Et c'est à ça qu'on les reconnait.

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