lundi 25 juin 2012

Enrayer le déclin automobile en France



Pierre Moscovici, ministre de l'économie et aussi président de l’ACSIA (Association des Collectivités Sites d’Industrie Automobile) a présenté ce mois-ci un rapport, appelé aussi livre blanc (à télécharger ici) qui devrait permettre d'enrayer le déclin du site automobile en France.

L'ACSIA regroupe une soixantaine de collectivités territoriales en rapport avec l'industrie automobile, Pierre Moscovici en est le président  étant lui-même président de la Communauté d’agglomération du Pays de
Montbéliard où se situe l'usine Peugeot de Sochaux,  les autres membres du collectif sont des élus ayant sur leur territoire d'autres usines importantes. Ils souhaitent tous une "nouvelle donne" pour l'industrie automobile et souhaitent une plus grande implication de l'Etat dans son avenir.

Ce rapport aurait pu s'intituler comment stopper le foutage de gueule du lobby automobile en France mais ce n'était pas politiquement correct. On grimace déjà dès  l'introduction en lisant qu'une plus grande implication de l'état c'est plus de décision de la part de l'état  "Depuis plus de 30 ans, tous les acteurs du territoire se mobilisent pour soutenir l’économie de la filière automobile française" qu'on pourrait traduire par "Depuis plus de 30 ans, la pompe à fric de l'état a subventionné la filière automobile française", tout ça pour en arriver à la situation d'aujourd'hui et les délocalisations. L'état est devenu complètement dépendant des constructeurs au fil des années tout en étant tenu à l'écart des décisions importantes.

Lors des premières rencontres de l’ACSIA à Montbéliard (les 1er et 2 décembre 2010), les élus soulignaient quasi unanimement « que voici 20 ans, nos collectivités subventionnaient les sites lorsqu’ils créaient des emplois. Puis nous nous sommes mis à leur accorder nos subsides pour qu’ils n’en détruisent pas. Désormais nous sommes dans une situation qui nous contraint à les aider pour qu’ils ne ferment pas.
 
Il était urgent que des élus fassent le constat de la situation et qu'ils s’aperçoivent enfin qu'aider les constructeurs devient inutiles.

Si nous considérons qu’il y a urgence, c’est parce qu’il y a d’ores et déjà des doutes sous-jacents à propos de l’intérêt des interventions publiques locales et nationales, lorsqu’il faut faire voter une énième aide à l’industrie dans les différentes assemblées territoriales. Ne cachons pas qu’il devient clairement perceptible que, pour certains responsables politiques et économiques, aider l’automobile en France revient de plus en plus à soutenir une activité : 

- qui détruit des emplois, 
- qui n’est plus pourvoyeuse de croissance, 
- qui ne permet plus de dégager des excédents commerciaux. 

En d’autres termes : l’intérêt qui consiste à faire de l’industrie automobile une « grande cause nationale » décline … A mesure que la spécificité automobile de la France tend ainsi à faiblir dans les données statistiques et ce malgré la présence de deux grands constructeurs historiques, la légitimité de l’aide à l’industrie automobile au plan local décline également.

Ce rapport qui est destiné à tout les acteurs économiques publics et privés concernés par l'avenir de l'automobile en France a le mérite de proposer des solutions. Malgré tout je reste dubitatif sur les propositions du collectif, comment aider l'industrie automobile sans continuer à financer avec de l'argent public et pourquoi aider des constructeurs qui ne pensent qu'à la logique économique des actionnaires en privilégiant le low-cost pour réaliser toujours plus de profits sur le dos des salariés.
Ça ne m’empêchera pas de penser que l'industrie automobile n'a pas beaucoup d'avenir en France.

17 commentaires :

  1. Je ne suis pas optimiste, non plus...

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    1. Et moi donc, je suis bien placé pour m'en rendre compte. Quand je pense qu'il existe des subventions pour être au chômage partiel...

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  2. le problème majeur tient au choix industriels des constructeurs.
    par exemple quand on voit Renault avoir fait le choix du low-cost et produire ses Dacia soit en Roumanie, soit au Brésil, soit au Maroc on ne peut s'étonner de la faiblesse de cette industrie.

    et cerise sur le gâteau Renault est maintenant majoritaire chez Lada avec la bénédiction de Poutine. Renault peut donc disposer de toutes les usines Lada sur le territoire de la Russie.

    Cela n'annonce rien de bon pour les années à venir.

    Ceci étant, du point de vue du consommateur il est clair qu'il faut mieux acheter sa voiture "française" via à l'étranger via un mandataire pour économiser de 20% à 30% sur le prix d'achat, à équipement semblable.

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    1. Renault a eu quasiment "gratuitement" son usine du Maroc. Enfin, quand je dis gratuitement c'est avec beaucoup de cadeau du roi et d'exonération fiscale.
      Le low-cost n'est bon pour personne, ni pour les autochtones, ni pour nous.

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  3. Ma bagnoooooôôôlllleeeee!!!!!

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  4. Tiens ! Mon commentaire est passé en spams...

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  5. Si les constructeurs concevaient des voitures pour leurs clients et pas pour les lecteurs d'Auto-Plus, leirs bagnoles se vendraient peut-être mieux.

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    1. Si les voitures étaient vendues au vrai prix, les salariés de l'automobile seraient mieux payés et les acheteurs auraient de la qualité.

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  6. Les délocalisations ne vont vraiment être un problème, sauf dans des cas tels que l'usine marocaine où un pont d'or a été offert. Les progrès de la robotique industrielle pour les chaînes de montage sont tels que le coût de production est quasiment égal à celui d'un ouvrier chinois. Les économies se feront donc sur les frais de transport destinés à acheminer les produits finis, ou presque, d'Asie en Europe.
    Le fisc sera certainement gagnant, pas les chômeurs. Mais le progrès c'est le progrès. Il faut le défendre. :-D

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    1. Il y a des parties d'usines impossible à robotiser complétement, le reste dépend de la main d'oeuvre qualifiée.
      Les coups de transports sont de plus en plus élevés, importer une auto de chine ou en plus la main d'oeuvre augmente n'est plus vraiment rentable.

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    2. Bien sûr que l'on ne peut pas tout robotiser, mais ça ne donnera jamais du boulot à tous ceux qui sont sur le carreau. Et quand je parle d'économies sur les frais de transport, c'est bien sûr en raison de ce que vous décrivez. Sans parler du fait qu'il faut éviter certains ports où l'activité syndicale paralyse l'activité.

      Et du boulot, il va y en avoir de moins en moins. Les caissières de supermarchés, par exemple, sont, à terme, condamnées. Il y a un test grandeur nature au Carrefour d'Athis-Mons sur la RN7 qui est assez flippant. Pour l'instant il ne concerne que les adhérents à la carte fidélité. Pour la faire courte, il y a des zapettes à codes barre à l'entrée, chacun en prend une, zappe le code de chaque produits mis dans le caddie et à la caisse automatique, elle envoie le total à la caisse et on paie. Plus besoin de caissières, plus besoin de décharger et recharger le caddie sur un tapis. Gain de temps pour le client, donc gain également pour l'enseigne pui peut optimiser le passage en caisse, et gain sur les salaires. La truande ? Des contrôles à l'aveugle par la sécu du magasin.

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  7. Quand tu vois tous ces véhicules sur l'autoroute, conduits comme des tracteurs à réaction ... voilà, tu leur colles un veau de lait entre les mains, ils vont le pousser à rouler toujours pareil que le sol soit sec,qu'il vente ou qu'il neige, qu'il y ait des gens ou pas ...
    La bagnole, c'est pas un moyen de locomotion : pour ça, y'a le train, y'a le bus, tu peux sortir des victuailles, tapper le carton avec l'oncle Jef ...
    Le seul vrai problème, c'est que la bagnole, c'est un art ... et que tu peux pas impunément le vulgariser en espérant combler les déficits de la nation ...

    Bz

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  8. PS
    Je disais ça au trentième degré ...
    Je suis d'accord avec ta note : les aides sont empochées par des entreprises libres de "délocaliser" : c'est juridiquement qu'il faut empêcher cela. Je propose déjà de partir de ce qui existe :

    1. L'administrateur salarié qui est présent avec une pâle voie consultative dans tous les CA d'entreprise,doit être remplacé par un nombre de salariés plus importants, avec voix délibérative et droit de veto lorsque l'avenir de l'entreprise sur le sol français est en cause.
    2. Les aides doivent ouvrir droit à un nombre d'actions de l'Etat dans le capital des entreprises aidées avec aussi un droit de veto quand le taux de rémunération du capital est trop important par rapport au montant des investissements à moyen et long terme.
    3. Il faut rétablir la négociation salariale par branches, c'est à dire abroger la règlementation de 2008 qui a "cassé" les règles de la représentativité syndicale.
    4. Il faut assujettir les Comités d'Entreprises à un contrôle annuel de leurs comptes par une autorité administrative indépendante à créer.
    Il faut remettre à plat avec les partenaires sociaux la question de leurs "actions culturelles" et "sociales" ... ça ne va pas du tout, les temps sont changés : pour moi, les CE doivent se focaliser sur les missions relatives à la gestion de l'entreprise, puisque les lois de décentralisation ont donné aux départements la compétence en matière sociale et culturelles. Pas la peine qu'il y ait des doublons avec les CE dans un maquis de structures de loisirs ou sociales plus ou moins bien gérées et des déperditions d'argent qui démotivent les salariés.

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    1. J'avais même pas eu le temps de répondre à ton premier commentaire :)

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    2. On peut aussi créer des soviets. Ça aura au moins le mérite d'être clair.

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