Faut-il se résigner à mourir sur la route ?

Bouchon nantais causé par les pistes cyclables d'Anne Hidalgo. 


 Bien qu'il soit encore prématuré de dresser le bilan définitif des accidents de la route pour la période des vacances d'été, on peut estimer qu'il sera, toutes proportions gardées, aussi catastrophique que celui des années précédentes.

De cette calamité l'opinion s'émeut, sans aucun doute, mais trop superficiellement. En effet, pour chacun l'enseignement du malheur ne vaut que pour autrui et l'on reprend toujours son volant le cœur et l'esprit sereins.

Parallèlement l'industrie accroît la vente de la vitesse sur des cellules légères et fragiles utilisées par des populations entassées dans les cités qui ont besoin, de plus en plus, de se défouler en rase campagne à chaque occasion de loisirs, et quotidiennement aussi par nécessité de confort, d'hygiène ou d'affaires.

De sorte que l'hécatombe routière risque d'être considérée comme une fatalité. La constatation d'une diminution relative du pourcentage des accidents par rapport au taux d'accroissement de la circulation ne saurait nous rendre optimistes, puisque le nombre des tués augmente chaque année.

Depuis une décennie nos gouvernants se penchent attentivement sur le problème. Mais si des mesures efficaces sont prises pour la régulation de la circulation et l'organisation des secours, par contre un échec quasi total est à enregistrer dans un domaine essentiel : celui de la prévention.

D'aucuns mettent en cause notre infrastructure. On affirme : il faut élargir les voies, construire des autoroutes, supprimer deux mille points noirs, améliorer la signalisation, et tout ira bien.

Pourtant ce qui se passe dans d'autres pays mieux équipés n'apporte guère d'eau à leur moulin. Ça n'est pas la France qui paie le plus lourd tribut à l'insécurité routière. On peut citer notamment le cas des États-Unis, où le nombre des tués s'élevait à vingt-cinq pour cent mille habitants en 1965, contre vingt chez nous.

Et s'il est évidemment souhaitable de supprimer les points noirs, faut observer que ceux-ci sont déjà amplement signalés. Celui qui y trouve la mort est donc un inconscient ou un maladroit ; il viendra grossir le nombre de ceux qui meurent et accidentent autrui sur les lignés droites. Un bon conducteur devrait être capable d'utiliser sans risques n'importe quelle infrastructure [...]

Cette article paru dans Le Monde date du jour de ma naissance, c'est à dire plus d'un demi-siècle. Vous trouvez que beaucoup de choses ont changé aujourd'hui? 

Pour les départs en vacances, peut-être, mais pour le reste...On construit toujours en 2021 des infrastructures inutiles.

Aujourd'hui , la voiture à dose intensive tue, pollue, prend beaucoup de place, rend idiot et est nuisible en ville mais on continue à développer le tout bagnole en centre-ville qui se meurt pour aller vider son portefeuille dans la galerie marchande de la multinationale Mulliez en périphérie.

Tiens, pour ce dernier point c'était presque mieux avant.

Commentaires

  1. C'était mieux avant avec 20000 morts par an sur les routes...

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    1. Moins de morts aujourd'hui certes mais les mentalités n'ont pas changé.

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  2. bah faut dire que nono-bstant le charme de la Dauphine ou de la 404, faut dire qu'elle chaouataient sévèrement du tuyau d'échappement.

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